Soigner le paludisme : de la médecine traditionnelle aux nouvelles approches thérapeutiques.

première diffusion dimanche 22 Février 2015, campusfm (Toulouse, 94 MHz).

(podcast ici)

Françoise Benoit-Vical dirige l’équipe de recherche «Nouvelles molécules antipaludiques et approches pharmacologiques» au laboratoire de Chimie de Coordination du CNRS, à Toulouse. Il s’agit d’une équipe multidisciplinaire comprenant des biologistes, des chimistes, des pharmaciens et des cliniciens, travaillant sur de nouvelles approches thérapeutiques pour le traitement du paludisme et de la leishmaniose.

Dans le cas du paludisme, maladie responsable de près de 1 million de morts chaque année, les travaux de recherches de cette équipe sont orientés selon 3 axes :
– l’identification des principes actifs présents dans les plantes utilisées en médecine traditionnelle et la recherche de nouveaux principes actifs issus de synthèses chimiques
– la compréhension des mécanismes d’action de ces principes actifs
– la compréhension des mécanismes de résistance de Plasmodium falciparum, le parasite responsable de la maladie

globules rouges infectés par différents stades parasitaires de Plasmodium Falciparum

Globules rouges infectés par différents stades parasitaires de Plasmodium falciparum

pour en savoir plus sur le paludisme :
http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2014/malaria-control/fr/

pour en savoir plus sur les travaux de Françoise Benoit-Vical :
http://www.inserm.fr/espace-journalistes/comment-le-parasite-responsable-des-formes-graves-de-paludisme-resiste-a-un-antipaludique-majeur
http://www.lcc-toulouse.fr/lcc/spip.php?article1072
http://www2.cnrs.fr/presse/communique/3367.htm?debut=24&theme1=5
http://www2.cnrs.fr/presse/communique/3847.htm

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Le Danio Rerio, modèle animal pour comprendre la latéralisation.

première diffusion dimanche 8 Février 2015, campusfm (Toulouse, 94 MHz).

(podcast ici)

90% des humains sont droitiers et ce pourcentage est constant depuis au moins des dizaines de milliers d’années.

Comment se met en place cette latéralisation au cours de notre développement et comment expliquer la constance de cette asymétrie fonctionnelle à travers les âges ?

Pour tenter de répondre à ces questions, Myriam Roussigné, chercheur au Centre de Biologie du Développement (laboratoire mixte CNRS/Université P. Sabatier, Toulouse), étudie comment se met en place l’asymétrie gauche droite dans le cerveau du Danio Rerio (zebrafish en anglais), un petit poisson qui est devenu est un animal modèle important dans les laboratoire de biologie.

danio rerio (wikipedia)

danio rerio (wikipedia)

Ce petit poisson a une croissance très rapide, et sa transparence permet d’étudier assez facilement son développement neuronal par imagerie sur embryons vivants.  Le  cerveau du poisson zèbre contient un petit groupe de neurones, appelé parapinéale, qui , au cours des étapes précoces de sa vie embryonnaire, migre depuis la ligne médiane vers le coté gauche du cerveau. En travaillant sur des poissons dont le matériel génétique a été modifié de manière à ce que les zones à étudier soient particulièrement visible (fluorescentes), Myriam Roussigné peut visualiser les phénomènes de migration de la parapinéale et étudier comment ce processus est contrôlé. Ces travaux de recherche sont étroitement liés aux phénomènes de latéralisations observés chez les humains, mais l’étude des phénomènes de migrations cellulaires chez ces petits modèles animaux pourrait aussi permettre de mieux comprendre comment certaines cellules cancéreuses acquièrent la capacité a migrer dans notre organisme lors des métastases.

http://websrv-4r3.ups-tlse.fr/spip.php?rubrique42

Les modèles de peau humaine développés par GENOSKIN, start-up toulousaine

première diffusion dimanche 14 Décembre 2014, campusfm (Toulouse, 94 MHz).

(podcast ici)

Pascal Descargues s’est lancé dans l’aventure entrepreneuriale à son retour de stage post-doctoral il y a quelques années.

La start-up qu’il a fondée s’appelle GENOSKIN et propose des modèles de peau humaine qui peuvent servir à des tests pré-cliniques.

GENOSKIN est capable de proposer des petits disques de peau humaine (issus de « restes » de chirurgie plastique) qui survivent pendant une dizaine de jours. Ces modèles sont ensuite utilisés pour  tester de nouveaux produits (crème, produits actifs…). L’intérêt est de pouvoir travailler sur de la peau humaine en condition « réelle » sans avoir tout l’organisme autour : on peut facilement mesurer des marqueurs biologiques ou comprendre rapidement les effets du produit testé, et ce sur un grand nombre d’échantillons.

L’intérêt est donc de diminuer le recours à l’expérimentation animale, tout en travaillant sur un système « vivant » et humain.

Pascal nous raconte une partie de son aventure et les défis qui l’attendent.

La technologie Nativeskin (TM) développée par GENOSKIN

La technologie Nativeskin (TM) développée par GENOSKIN

pour aller plus loin :

le site de GENOSKIN

quelques coupures de la presse locale (La Dépèche 8 déc 2014) :
http://www.ladepeche.fr/article/2012/03/12/1304041-genoskin-la-start-up-qui-recree-de-la-peau-humaine.html
http://www.ladepeche.fr/article/2014/12/07/2006537-toulouse-les-miracles-de-la-biotechnologie.html

La décontamination chimique

première diffusion dimanche 14 Novembre 2014, campusfm (Toulouse, 94 MHz).

(podcast ici)

Le professeur de chimie Armand Lattes

(crédit photo : radio-canada)

Armand Lattes est professeur émérite de chimie à l’université Paul Sabatier et membre de l’Académie Nationale de Pharmacie.

Celui qui a fondé le Laboratoire des Interactions Moléculaires, Réactivité et Photochimie (CNRS, UMR 5623) et présidé la Société Chimique de France nous explique comment les chimistes peuvent aider à décontaminer les sites pollués et nous débarrasser en toute sécurité des stocks d’armes chimiques à l’aides systèmes moléculaires organisés.

Un « 20mg » spécial, entre sciences et histoire, avec un homme passionnant.

Assaut sous le gaz (Otto Dix, gravure, 1924)

« assaut sous le gaz » (gravure, Otto Dix, 1924

pour en savoir plus :

Le mercure, poison de l’amazonie.

première diffusion dimanche 30 Novembre 2014, campusfm (Toulouse, 94 MHz).

(podcast ici)

Le mercure est un neurotoxique puissant, en particulier lorsqu’il est sous forme de méthyl mercure, un composé biodisponible. Il s’accumule tout au long de la chaine alimentaire pour finir dans nos assiettes, et dans notre corps.

Laurence Maurice, hydrogéochimiste et Directrice de Recherches à l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) co-dirige l’équipe  « Interactions contaminants métalliques-écosystèmes, interfaces avec la santé » du laboratoire GET (Géosciences Environnement Toulouse) située à l’Observatoire Midi Pyrénées. Avec quelques collègues de ce laboratoire, elle développe de nouveaux outils géochimiques pour mesurer les rapports isotopiques du mercure, qui permettent d’évaluer le taux de contamination des échantillons et surtout de tracer l’origine du mercure (activité industrielle ou érosion naturelle par exemple).

Le mercure étant un poison bioaccumulable, son dosage est réalisable dans tous les étages d’un réseau trophique, typiquement depuis les sédiments d’une rivière, les biofilms, les poissons, jusqu’aux cheveux des personnes qui consomment les poissons de cette rivière (un réseau trophique est ensemble de chaines alimentaires interdépendantes).

Les travaux de Laurence Maurice ont une dimension sociale et environnementale évidente, ils ont permis, par exemple, de montrer que dans certaines régions amazoniennes, en particulier en Guyane Française, les activités minières conduisent à des niveaux de pollution inquiétants pour les populations locales…

 L. Maurice en Guyane

courte vidéo pour en savoir plus :

Favoriser les échanges de nutriments entre les plantes et les bactéries du sol

première diffusion dimanche 02 Novembre 2014, campusfm (Toulouse, 94 MHz).

(podcast ici)

Les mycorhizes résultent de l’association de symbiotique entre des champignons et les racines des plantes.

Cette symbiose permet à la plante de bénéficier des minéraux et d’eau drainés par les longs filaments du champignon, en échange de glucides (sucres) rétrocédés par la plante, qui les produit par photosynthèse. Les sols sont plus structurés, et les racines des plantes plus étendues. Certaines bactéries peuvent aussi vivre en symbiose avec certaines plantes, en échangeant de l’azote, de l’engrais pour la plante, contre des sucres.

La jachère et la rotation des cultures permettaient autrefois de favoriser cette symbiose, et permettait d’un apport d’engrais fourni par les plantes.

Véréna Poinsot, directeur de recherches au laboratoire des IMRCP (CNRS Toulouse), travaille sur les molécules échangées par les bactéries, les champignons et les plantes pour « discuter ». Ces messagers chimiques sont à l’origine des processus symbiotiques. En identifiant les morceaux d’ADN qui codent pour ces messagers chimiques (pour l’émission et la réception du message), on peut envisager de les inclure dans le matériel génétique d’autres plantes pour les aider à communiquer et mettre en place des associations symbiotiques avec les bactéries.  Il en résultera un apport accru d’azote et donc un moindre besoin en azote…

A l’opposée des idées reçue sur les OGM, et des pratiques aliénantes de grandes multinationales voulant écouler leurs stocks d’engrais et de pesticides, les travaux de Véréna Poinsot appliqués à des plantes « rustiques » ont pour objectif de redonner vie aux sols cultivés et de limiter les apports en engrais et en eau.

poinsot20mg

en savoir plus :

  • http://www.fao.org (sections biodiversité et biotechnologies)
  • M. Guillou et G. Matheron : 9 milliards d’hommes à nourrir, François Bourin 2011
  • A. Euzen, L. Aymard, F. Gaill : le développement durable à découvert, CNRS éditions, 2013

Approche multidisciplinaire à l’échelle du nanomètre.

première diffusion dimanche 5 octobre 2014, campusfm (Toulouse, 94 MHz).

le podcast est ici (juste après la diffusion)

 Qu’est ce qu’un nano-objet ? Qui étudie les nano-objets ? A quoi ça sert ?  Pourquoi ça fait fantasmer ?

Quelques réponses avec Bruno Chaudret, directeur de recherches au CNRS et membre de l’Académie des Sciences.

Ce chercheur engagé dirige le Laboratoire de Physique et Chimie des Nano-Objets (LPCNO) depuis 2011, un laboratoire qui regroupe des physiciens, des chimistes et des théoriciens travaillant sur la synthèse, la modélisation et l’étude des propriétés de nano-objets.

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